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Ce samedi matin au marché de Figeac, j’ai voulu composer mon repas de rando et j’ai vite déchanté

juin 23, 2026

À 9 h 00, mes doigts collaient déjà au papier gras d’un saucisson, et mon sac tirait sur mon épaule devant le Marché de Figeac. Depuis ma banlieue de Bordeaux, je suis partie un samedi dans le Lot pour composer un repas de rando complet en une seule tournée.

Gustave, mon âne grand noir du Berry, m’attendait à l’ombre, prêt à porter le panier une fois la tournée finie.

Mon protocole était simple : en 20 minutes, mon panier ne devait contenir que des produits capables de tenir dans un sac. J’ai voulu vérifier concrètement ce que ce marché apporte, et ce qu’il complique, pour une randonnée à pied.

Ce que je cherchais vraiment et ce qui m’a fait choisir le Marché de Figeac

Je voulais un repas froid qui tienne la route à pied, sans couverts, sans cuisine, et sans transformer la marche en corvée. Je marche en général avec mon compagnon, sans enfants, et je ne voulais pas dépasser 21 euros pour deux déjeuners simples. En tant que rédactrice spécialisée en randonnée nature et tourisme rural, j’ai appris à observer un marché avec des critères très concrets : le poids, la tenue des produits et la facilité à les glisser dans un sac.

J’avais envisagé le supermarché classique, le magasin bio, les plats préparés et les sachets lyophilisés. Le premier me semblait trop plat, le second trop cher pour ce que je cherchais, le troisième trop lourd, et le dernier trop triste pour une pause au soleil. Mes années à crapahuter sur les sentiers m’ont appris à comparer le confort réel, pas le décor.

Je m’étais aussi fiée à mon habitude du sac léger, puis j’avais vérifié les horaires sur l’Office de tourisme Nouvelle-Aquitaine. Le marché de Figeac m’a attirée pour une raison simple : je pouvais composer un panier à la carte, en voyant la main du producteur. J’ai été convaincue par cette idée très concrète de choisir juste ce qu’il faut, pas ce qui finit au fond du sac.

En 9 ans d’expérience professionnelle comme rédactrice spécialisée en randonnée nature et tourisme rural, j’ai fini par voir qu’un bon repas de marche se juge surtout à son poids et à sa tenue dans le sac. Le Marché de Figeac me promettait du pain, du fromage, un fruit, et un vrai conseil de vendeur. Sur le papier, ça cochait presque tout, et j’étais partie confiante.

Là où ça coince vraiment avec le marché quand on veut un repas de randonnée complet

Dès les 30 premières minutes de marche, j’ai compris ce qui cloche. Le pain frais prend du volume, la croûte perd son croustillant dès le trajet en voiture ou à pied quand le sac est trop serré, et le fromage pèse plus qu’il n’en a l’air. J’ai été frappée par ce décalage entre un étal très séduisant et un sac qui devient vite pénible à porter.

Je me suis retrouvée avec une tomme un peu trop souple, deux tomates encore tièdes au toucher, et des prunes qui marquaient déjà la moindre pression. L’odeur mêlée du pain frais et du fromage qui suinte dans mon sac est devenue un vrai signal d’alerte. Quand il fait chaud, la surface du fromage devient brillante et l’emballage humide, et là je ne parle même pas du beurre qui ramollit tout.

Le piège du timing m’a sauté au visage après 9 h 30. Le marché se vide vite sur les bons stands, et les plus belles pièces partent avant que je me décide à refaire un tour. J’ai compris trop tard que vouloir attendre un peu pour comparer me laissait avec moins de choix et davantage de produits déjà fatigués.

Mon erreur la plus bête, je l’ai faite sans hésiter. J’ai acheté trop de frais pour une boucle de l’après-midi, sans sac isotherme, et je me suis sentie lourde dès la sortie de Figeac. Au départ du sentier, j’ai ouvert mon sac et j’ai vu le pain ramolli, avec une tomate écrasée au fond, et là j’ai su que j’avais trop chargé.

Le sandwich préparé trop tôt m’a servi de leçon, lui aussi. Avec la tomate et le fromage frais, le pain devient spongieux avant la pause, et le plaisir tombe d’un coup. Je ne vais pas faire ici de conseil sanitaire poussé, et pour un produit qui a chauffé, je préfère jeter sans discuter ou demander à un professionnel de santé.

Ce qui marche bien et les petites astuces que j’ai découvertes pour limiter les dégâts

Quand j’ai simplifié mon panier, tout a mieux tenu. Le saucisson sec, la tomme ferme, le pain de campagne, les raisins et les prunes passent bien mieux qu’un fromage crémeux ou qu’une pêche trop mûre. J’ai fini par privilégier les fruits à peau dure, parce que leur peau marque moins dès les premiers frottements.

Le détail que j’aime, c’est le sachet en papier qui prend un peu de gras avec le saucisson ou le pâté, sans se déchirer tout de suite. Les vendeurs m’ont orientée vers des morceaux plus solides, et j’ai trouvé ça précieux, parce qu’ils connaissaient la marche autant que le produit. J’ai été convaincue par cette manière de vendre simple, sans me pousser vers le plus fragile.

Mon ajustement a été très net. J’achète d’abord les produits secs ou solides, puis le frais en dernier, juste avant de repartir. Je range le pain au-dessus, je bloque les fruits au milieu, et je garde le fromage dans un sac rigide quand j’en ai un sous la main.

Je suis rentrée une deuxième fois avec une logique plus sobre, et le résultat a tout de suite changé. J’ai gardé une seule part de tarte aux noix au fond du sac, juste pour finir le déjeuner avec un petit plaisir sucré. Ce détail-là ne m’a pas alourdie, et il a rendu la pause plus joyeuse sans transformer la marche en supplice.

Depuis cette sortie, je regarde le marché avec une règle très simple. Si je veux marcher après, je choisis ce qui tient debout dans un sac, pas ce qui m’attire seulement à l’étal. C’est là que le marché devient utile pour moi, pas seulement agréable.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

POUR QUI OUI. Je le recommande à un couple de deux adultes qui marche sur une demi-journée, avec un sac rigide et un budget de 21 euros pour deux repas froids. Je le recommande aussi à quelqu’un qui aime composer son panier au dernier moment, manger sans couverts et s’arrêter avant midi. Et je le vois très bien pour un amateur de produits locaux qui accepte de porter un peu de poids pour mieux manger.

POUR QUI NON. Je le déconseille à quelqu’un qui part pour une boucle de 6 heures, avec un sac de 10 litres et zéro marge pour le frais. Je le déconseille aussi à une personne qui veut acheter après 9 h 30, parce que le choix baisse vite et les meilleurs produits ne restent pas. Si le but est juste de marcher léger avec un repas ultra simple, un sandwich maison ou un passage en supermarché bio local me paraît plus sage.

Mon verdict : le Marché de Figeac convient surtout à quelqu’un qui accepte de gérer le frais, de porter un sac un peu rigide et de déjeuner tôt. Pour un repas complet, artisanal et sans couverts, je dis oui, surtout autour de la Place Carnot. Si l’objectif est de rester très légère et de ne pas penser au transport, je dis non sans hésiter.

Juliette Lalande

Juliette Lalande publie sur le magazine Les Cadichons des contenus consacrés aux escapades nature, à la randonnée avec âne et à la préparation de séjours au calme. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux organiser leur expérience.

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