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Comment avoir oublié la trousse anti-Mouches a transformé ma traversée en torture et m’a forcé à bricoler des solutions naturelles

juin 9, 2026

La trousse anti-mouches est restée au fond de ma voiture quand le premier nuage m'a sauté au visage, près du gué du Célé. Depuis ma banlieue de Bordeaux, je suis partie trois jours dans le Lot avec mon compagnon, sans enfants, pour suivre une boucle entre Cajarc et Marcilhac-sur-Célé. En deux minutes, j'ai compris que 3 heures allaient me filer entre les doigts. J'ai froissé des feuilles de basilic sur mes bras, presque par réflexe, avec un mélange de honte et d'espoir très mince.

La traversée qui a viré au cauchemar à cause d’un oubli bête

Le sentier descendait vers l'eau dès le matin, et la chaleur montait déjà du caillou. J'ai été frappée par la lumière blanche sur les berges et par les mouches qui tournaient autour des sacs à chaque arrêt. À midi, le thermomètre du gîte affichait 31 degrés, et la fatigue du deuxième jour me collait aux chevilles. J'avais mon sac léger, mes chaussures déjà couvertes de poussière, et cette impression que tout le paysage bourdonnait.

En tant que Rédactrice indépendante spécialisée pour magazine touristique, j'ai une page de préparation qui tient sur une pochette de carnet. Ce matin-là, je l'ai relue trop vite, entre deux messages et un départ mal calé. J'ai coché la gourde, la crème solaire, le coupe-vent, puis j'ai laissé la trousse anti-mouches dans le van. Dedans, il y avait le spray, deux répulsifs et un filet fin que je prenais pour un accessoire secondaire. J'étais sure de moi, et c'est exactement ce qui m'a piégée.

Au bout de quarante minutes, j'avais déjà six piqûres derrière le genou et sur les avant-bras. Je me suis sentie coincée par des bêtes minuscules, avec une démangeaison qui cassait ma concentration à chaque montée. Mon compagnon et moi, on vit à deux, et il a fini par m'entendre râler à chaque pause. J'ai passé plus de 3 heures à taper du pied, à secouer mes manches et à chercher de l'ombre au bord du chemin.

Quand j’ai dû improviser : le basilic et les autres méthodes naturelles que j’ai testées

J'ai fini par sortir un bouquet de basilic d'un sac à pain, parce que ma grand-mère frottait déjà ça sur les poignets quand j'avais quinze ans, lors des repas dehors. Les feuilles étaient tièdes, un peu cassantes sur la nervure, et elles ont laissé une odeur verte, presque poivrée, sur mes avant-bras. J'ai frotté sans attendre un miracle. Je n’aurais jamais cru que frotter des feuilles de basilic aussi simplement pourrait me sauver d’une attaque de mouches aussi agressive en pleine nature.

Les mouches n'ont pas disparu d'un coup. Elles ont juste reculé d'un pas, comme si l'odeur leur coupait l'envie de se poser sur ma peau. J'ai gardé le doute en moi, parce qu'une astuce de cuisine ne pesait pas lourd face à cette nuée. Puis, au fil des heures, j'ai vu la différence pendant les pauses. Elles revenaient, mais avec moins d'insistance, et j'ai pu repartir sans me gratter toutes les trente secondes. J'ai été frappée par ce recul progressif, presque banal, alors que je m'attendais à un échec net.

J'ai tenté des feuilles de menthe écrasées dans la paume, puis un peu de cendre de bois sur le bas des mollets, parce qu'un voisin du Lot jure par ça. J'ai aussi glissé deux petits morceaux de citronnelle dans le col de ma veste, sous la doublure, là où la chaleur les réveillait à peine. La menthe a surtout laissé une sensation froide. La cendre m'a salie pour rien, et j'ai dû frotter mes chevilles avec un mouchoir humide. La citronnelle a fait mieux, mais seulement quand je restais en marche.

En relisant plus tard ma Licence en tourisme et gestion des loisirs (Université Bordeaux, 2014), j'ai compris pourquoi ces bricolages tiennent par à-coups. Le basilic contient du linalol et de l'eugénol, deux composés odorants qui dérangent les insectes dans certains contextes. La citronnelle joue dans la même cour, avec une odeur que je trouve vite entêtante. Mais près d'une eau calme, avec la sueur et la chaleur, ça ne tient pas longtemps. Dans mon cas, ça a juste acheté du répit.

La galère qui m’a coûté cher : temps, énergie et un peu d’argent

Le prix que j'ai payé a été très simple à compter. J'ai perdu cinq pauses de marche, puis 25 euros à la pharmacie de Cajarc pour un spray d'appoint acheté au jugé. Le flacon a fait son travail pendant la fin d'après-midi, mais il sentait fort et a collé à mes manches. J'avais la tête lourde, les mollets durs, et cette sensation de traîner une erreur dans mon sac.

Le groupe a ralenti pour m'attendre, et je voyais bien l'agacement dans les silences. À un moment, au bord d'un peuplier, j'ai posé mon sac et j'ai dit que je pouvais rentrer seule au village. Je n'étais pas loin de le penser. J'avais les bras qui chauffaient, le tee-shirt collé dans le dos, et plus aucune envie de faire la maligne.

Ce qui m'a vexée, ce n'était pas la douleur en elle-même. C'était le caractère bête de l'oubli. Cette sensation de démangeaison au creux du coude, qui ne me lâchait jamais, je la revois encore comme un rappel brutal de mon oubli. Elle revenait dès que je croyais avoir retrouvé mon calme, comme un petit clou sous la peau. J'ai fini la journée avec une humeur de travers et la tête pleine d'un seul mot, zut.

Ce que j’aurais dû savoir et faire avant de partir

Avec le recul, j'ai vu que ma préparation avait un trou énorme. En tant que Rédactrice indépendante spécialisée pour magazine touristique, je sais pourtant lire une check-list sans me raconter d'histoires. La Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRandonnée) m'a déjà servi de repère pour des sorties longues, et j'aurais dû garder la trousse anti-mouches dans le sac principal, avec le spray, le filet et le petit répulsif. Je l'ai laissé dans le van, et cette omission m'a coûté bien plus qu'un simple agacement.

J'avais les signaux sous le nez : 31 degrés, une rive lente, des coins humides et une fin de journée promise aux insectes. L'Office de tourisme Nouvelle-Aquitaine m'aurait servi de repère utile pour croiser météo et terrain, au lieu de me fier à mon envie de partir vite. Le vrai raté venait là, dans ce départ pressé. Je ne manquais pas d'information, je manquais de rigueur.

Le basilic m'a dépannée, mais il n'a pas changé la donne quand les mouches sont arrivées par paquets. Je ne sais pas si cette astuce tient partout, parce que la rivière, la chaleur et la sueur formaient un mélange assez mauvais.Là, je parle juste d'un bricolage de marcheuse.

  • J'ai laissé la trousse dans le van.
  • J'ai sous-estimé la chaleur et l'eau calme.
  • J'ai confondu une astuce de cuisine avec un vrai secours.

Ce que cette galère m’a appris pour la suite

Cette sortie m'a fait revoir la place que je donne aux solutions naturelles. Je les aime bien, et je leur fais encore une place dans mon sac, mais je n'ai plus envie de leur confier toute une journée. En 9 ans de travail rédactionnel, j'ai vu assez de départs ratés pour savoir qu'un oubli minuscule finit par coûter cher. Cette fois-là, j'ai été rappelée à l'ordre de façon un peu humiliante, et c'est resté.

Après cette marche, j'ai rangé un kit insectes plus net dans la poche haute de mon sac, avec un petit flacon, un filet souple et deux sachets de basilic séché dans un sac congélation. J'ai aussi noté le nom de la pharmacie de Cajarc, parce que j'ai détesté acheter dans la précipitation. Trois semaines plus tard, j'ai relu ce bout de papier avant une autre sortie, et ça m'a évité la même bêtise. Mon compagnon, sans enfants, s'est moqué de mon étiquette au feutre, mais j'ai gardé le réflexe.

Si j'avais su, j'aurais rangé la trousse anti-mouches avec le carnet de route, juste à côté des clés et du pain, avant de quitter le parking de Cajarc. Pour quelqu'un qui accepte de bricoler avec du basilic, de la menthe et un peu de citronnelle, ça a tenu un moment, pas plus. Mais sur cette traversée de 12 kilomètres, mes 3 heures perdues et mes 25 euros laissés à la pharmacie m'ont laissé un goût amer que j'ai gardé jusqu'au soir.

Juliette Lalande

Juliette Lalande publie sur le magazine Les Cadichons des contenus consacrés aux escapades nature, à la randonnée avec âne et à la préparation de séjours au calme. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux organiser leur expérience.

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