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J’ai testé manger mon sandwich en deux pour voir si ça changeait vraiment le rythme de Gustave sur huit étapes

juin 1, 2026

Le papier gras de mon sandwich collait déjà à mes doigts quand je me suis assise au bord du sentier, face aux huit étapes de la journée. Depuis ma banlieue de Bordeaux, je suis partie trois semaines en Lot avec Gustave pour tester ce qu'une pause de midi fractionnée changeait à son rythme, carnet et montre GPS en main. À l'Office de tourisme Nouvelle-Aquitaine, j'avais confirmé mes repères avant de partir. J'ai vite compris que la durée de la coupure, pas la faim seule, allait décider du pas de Gustave.

Comment j’ai organisé mon test en conditions réelles

En tant que Rédactrice indépendante spécialisée pour magazine touristique, j'ai gardé une méthode très sobre. À la maison, on vit à deux, mon compagnon et moi, sans enfants, donc j'ai pu suivre Gustave sans autre contrainte. J'ai marché une étape par jour pendant trois semaines, avec des montées, des portions roulantes et une chaleur modérée. Les sacoches de Gustave restaient chargées, et je voyais la fatigue s'installer chez lui d'une journée à l'autre.

Ma Licence en tourisme et gestion des loisirs (Université Bordeaux, 2014) m'a appris à noter un protocole sans le déformer. J'ai comparé une pause longue de 45 minutes assise pendant que Gustave broutait sa luzerne, puis une pause courte de 15 minutes avec la moitié de son foin et la moitié de mon sandwich avant de repartir. J'ai gardé la montre GPS au poignet et un carnet dans la poche de côté. J'y notais l'allure de Gustave, son souffle, ses oreilles et la facilité de sa reprise.

Je voulais voir trois choses. Je cherchais la stabilité du rythme de Gustave, la raideur de son redémarrage et son creux de fatigue sur les 6 derniers kilomètres. J'observais aussi la manière dont le repas fractionné changeait son envie d'avancer après 14 h. Sur les étapes longues, c'est là que mon verdict pouvait basculer.

J'ai recoupé mes notes avec les repères de la Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRandonnée) sur la relance après pause. J'ai aussi relu mes traces à la lumière de mes sorties précédentes avec Gustave. Là, j'ai vu que le terrain disait plus que mes impressions du moment. Je notais mieux ce qui revenait sur sa manière de marcher, pas ce qui me flattait.

Le jour où j’ai compris que la pause longue plombait Gustave plus qu’elle ne l’aidait

Sur une étape de 25 km, j'ai fait ma pause classique, assise longtemps, pendant que Gustave broutait sans bouger sous l'ombre d'un noyer. Ce jour-là, je l'ai vraiment vu engourdi quand je l'ai repris en longe, comme si ses jambes avaient doublé de poids, alors que je n'avais rien changé à son bât. J'ai été frappée par le moment où il s'est ébranlé, parce que ses premiers pas étaient carrés et que son rythme semblait cassé net. Son souffle suivait mal, comme si le moteur peinait à repartir.

Au bout de 500 mètres, ses postérieurs avaient l'air en bois, comme si la pause longue avait figé toute sa mécanique. J'ai aussi noté un sabot qui traînait, plus lourd qu'avant l'arrêt. Sur les 5 premiers kilomètres, son allure a chuté d'une petite partie, et j'ai senti le tiraillement dans son encolure dès le premier kilomètre. Ses antérieurs donnaient ce petit temps de retard au premier appui, assez net pour me gêner.

Le jour le plus pénible n'a pas été le plus long. C'était celui où nous étions restés une heure sur un pré frais, avec un déjeuner trop long pour Gustave, puis nous sommes repartis sans vraie transition. J'ai senti son dos se raidir d'un coup sous le bât, puis la fatigue l'a rattrapé vers 15 h. J'ai compris, un peu tard, que je m'étais laissée tromper par le sentiment qu'il était bien avant l'arrêt.

Depuis mes années comme Rédactrice indépendante spécialisée pour magazine touristique, je sais que le détail du protocole change tout. Je me suis retrouvée à noter le même schéma sur plusieurs étapes, pas seulement sur celle-là. Quand la pause dépasse 45 minutes, Gustave ne repart jamais avec la même fluidité. Ce n'était pas une impression isolée, c'était une vraie constante de terrain.

Trois semaines plus tard, ce que j’ai observé avec le repas fractionné

Quand j'ai coupé la pause en deux, la différence est venue plus vite que je ne l'avais prévu. Gustave grignotait son foin avant de partir, puis on gardait une halte courte de 15 minutes au milieu pour qu'il reprenne sans s'engourdir. J'ai été convaincue dès la quatrième étape que le fractionnement changeait son entrain de l'après-midi. Le creux de 14 h restait là, mais il mordait moins.

Sur ma montre GPS, j'ai vu une allure plus stable sur la deuxième moitié. Gustave n'a pas montré de chute nette sur les 6 derniers kilomètres, et ses postérieurs restaient plus légers au redémarrage. Son souffle gardait un tempo plus régulier, sans ce petit retard que je voyais après une pause longue. J'ai aussi vu moins de lourdeur dans son arrière-train.

Un jour de chaleur, j'ai failli me faire piéger par la faim de Gustave en fin d'étape. J'avais gardé une ration trop petite, et j'ai senti son coup de barre revenir au dernier faux plat. J'ai corrigé dès le lendemain en gardant un peu de granulé en plus et en répartissant mieux sa collation. Là, j'ai compris que le fractionnement ne marchait bien que si la dose restait suffisante.

Je suis aussi revenue au carnet de notes de la Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRandonnée), et mes relevés allaient dans le même sens. La reprise de Gustave restait plus souple quand je ne le coupais pas longtemps du mouvement. J'ai gardé cette logique sur toutes les étapes suivantes, sans chercher à faire plus que sa journée ne l'acceptait. Le plus simple restait le plus stable.

Ce que j’aurais dû vérifier avant et les erreurs que j’ai faites en cours de route

J'ai aussi fait deux erreurs très bêtes. J'ai laissé Gustave manger trop longtemps à midi, puis j'ai retiré son bât trop longtemps pendant la pause. J’ai appris à mes dépens qu'immobiliser un âne en pré humide, même 10 minutes, pouvait être pire que de le faire marcher un peu avant de reprendre. Le redémarrage se payait aussitôt par des frottements de sangle et un dos trop sensible.

Quand Gustave ne marchait pas quelques minutes après le repas, ses postérieurs se raidissaient presque tout de suite. J'avais l'impression que son premier appui arrivait en retard d'un demi-temps, et son arrière-train tirait dès les 5 premières minutes de marche. Plus la halte dépassait l'heure, plus les premiers 500 mètres devenaient poussifs. Il mettait ensuite 10 minutes à retrouver une foulée normale.

Je n'ai pas voulu pousser le test vers des cas où je ne suis pas compétente. Quand un doute touche à la santé de Gustave, je m'arrête là et je renvoie vers un vétérinaire, car mon angle reste la marche, le repas et le rythme. Je ne sais pas ce que donnerait ce protocole avec un âne plus âgé ou un équilibre digestif fragile. Là, je préfère rester prudente.

Le vrai ajustement a été simple. J'ai raccourci la pause à 15 minutes, j'ai donné une ration plus simple à Gustave, puis je l'ai fait marcher 5 minutes avant de m'arrêter vraiment. Ce petit détour m'a évité son retour brutal au corps figé. J'ai gardé son bât en place, juste desserré d'un cran.

Mon verdict après huit étapes, pour qui ça marche et quand ça coince

Au bout des huit étapes, j'ai mesuré un gain moyen d'une petite partie de régularité sur le rythme de Gustave. J'ai aussi vu moins de raideur dans ses postérieurs et moins de retard au redémarrage. La baisse d'entrain de l'après-midi restait présente, mais elle était plus facile à tenir quand j'avais fractionné la pause. Le résultat m'a paru net sur une étape de 20 km et une autre de 25 km.

Pour un âne qui enchaîne des étapes longues, traverse des terrains variés et supporte mal les grosses coupures, mon test me paraît pertinent. Je le vois bien quand le dénivelé cumulé monte vers 600 m, puis sur une autre journée à 1 000 m, parce que la reprise paie alors le moindre arrêt. Je le vois aussi chez les randonneuses et randonneurs qui détestent voir leur âne s'engourdir après le repas. Dans ces cas-là, la pause courte change franchement la sensation de journée.

Je suis rentrée avec cette conclusion simple, et les repères de l'Office de tourisme Nouvelle-Aquitaine allaient dans le même sens que mes notes. À la maison, on vit à deux, mon compagnon et moi, sans enfants, et cette cadence va bien à Gustave. Pour quelqu'un qui accepte de garder son âne en mouvement et de manger simple avant de repartir, ce test tient la route. Quand la pause dépasse 45 minutes, je retrouve encore Gustave avec des postérieurs lourds et un dos sensible.

Juliette Lalande

Juliette Lalande publie sur le magazine Les Cadichons des contenus consacrés aux escapades nature, à la randonnée avec âne et à la préparation de séjours au calme. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux organiser leur expérience.

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